Marie-Ange Séguin



Par la remise d'un FRANÇOIS, l'Association des Séguin d'Amérique veut maintenant rendre hommage à une personne pour la qualité de son implication sociale:

• auprès des jeunes

• auprès de sa communauté paroissiale

• et auprès des membres de sa famille.

À ce titre, c'est à Marie-Ange Séguin, résidente de Sainte-Marthe, que le conseil de notre Association a voulu à l'unanimité, décerner l'un de ses deux FRANÇOIS pour l'année 2000.

Pour ceux qui ne connaissent pas le récipiendaire de ce FRANÇOIS, ce n'est pas dans les pages de journaux ou de revues scientifiques qu'il faut chercher pour découvrir la personne et apprécier ses mérites. Non, c’est plutôt auprès des individus qui l'ont côtoyée durant sa longue carrière d'enseignante, élèves et professeurs d'abord, ensuite auprès des paroissiens de Sainte-Marthe, ou encore, auprès des membres de sa famille qu'il faut aller recueillir des témoignages éloquents sur la qualité d'écoute et d'accueil de Marie-Ange, sur le soutien qu'elle est toujours prête à offrir d'une façon désintéressée à tous ceux qui en ont besoin. Dans les divers milieux où elle a vécu, tous vous diront que Marie-Ange a toujours été disponible pour les autres à la manière d'une force tranquille, sécurisante et communicative, dévouée au bonheur des gens de son entourage, et cela, sans jamais vouloir attirer l'attention sur sa personne. On ne peut s'empêcher de souligner ici que mérite et modestie se complètent bien, et de reprendre à notre compte les mots de l'écrivain français du 17ième siècle, Jean de La Bruyère: ‘’La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau: elle lui donne de la force et du relief’’

Marie-Ange Séguin est née à Sainte-Marthe, comté de Vaudreuil, le 23 novembre 1928, cinquième enfant d'une famille de douze. Son enfance se déroule donc dans une atmosphère d'incertitude pour sa famille, comme d'ailleurs pour celle de la plupart des autres familles canadiennes créée par la dépression économique de la période 1929-1939. Elle entreprend ses études primaires à l'école du village de Sainte- Marthe où elle obtient le 30 juin 1945 un certificat d'études primaires complémentaires, niveau 9ième année.

Ses résultats scolaires remarquables et la période de prospérité qui a marqué la fin de la guerre lui permettront de poursuivre ses études à l'École Normale de Valleyfield et de réaliser ainsi son rêve de devenir institutrice. Elle fréquenta pendant quatre ans cette école de formation des maîtres, dirigée par les Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, le temps d'obtenir avec grande distinction un brevet supérieur d'enseignement le 17 juin 1949.

Dès le mois de septembre suivant, à 20 ans, elle commençait sa carrière d'enseignante à l'école du rang Saint-Dominique de la paroisse de Saint-Lazare, il fallait avoir le courage d'une Émilie Bordeleau pour enseigner dans une même classe à 38 élèves dispersés dans les sept niveaux du primaire. Il fallait tout faire seul: enseigner chaque jour dans sept programmes, être concierge, chauffer une fournaise à bois l'hiver, aller chercher l'eau à la pompe à l'extérieur, maintenir la propreté dans une toilette à l'écart, etc. L'intérêt et le succès de ses élèves, plus que le modeste salaire qu'on lui versait, la motivaient dans sa tâche d'enseignante. Son travail remarquable lui valut d'être invitée à enseigner à de meilleures conditions à l'école du village de Saint-Lazare, au deuxième cycle de l'élémentaire, à partir de septembre 1952.

En 1956, elle entreprend une autre étape de sa carrière en devenant professeur à l'école secondaire Sainte-Cécile à Valleyfield. Dix ans plus tard, elle fera partie du corps professoral de la nouvelle polyvalente Baie-Saint-François, dans la même ville. À ce poste, elle est chargée plus spécifiquement de l'enseignement des mathématiques à tous les niveaux du secondaire, une matière où les élèves éprouvent souvent des difficultés incontournables, et souvent même pour plusieurs, insurmontables. Consciente de cette réalité, elle interpelle, surtout en privé, les élèves en difficulté. C'est l'occasion pour elle d'établir un meilleur contact avec eux et de saisir dans chacun des cas ce qui ne va pas. Un peu comme la Virginie du téléroman, elle ne laisse tomber personne, elle se sent responsable de chacun d'eux. Elle tente de comprendre pour faire comprendre, réexplique, encourage, stimule et surtout replace le problème dans une perspective plus large, celle d'une vie en préparation, évoquant avec l'élève les perspectives de son avenir:’’qu’est-ce que tu veux faire dans la vie plus tard? Qu'est-ce qu'on peut et doit faire dès maintenant pour y arriver’’

Aujourd'hui; à la retraite depuis seize ans, il est fréquent pour elle de se faire interpeller par ses anciens élèves, au hasard des courses de magasinage ou autres, et en des termes assez semblables à ceux-ci: «Bonjour madame Séguin! Vous me reconnaissez, j'étais dans votre classe en secondaire III. Vous vous rappelez, j'avais beaucoup de difficulté avec les maths, tellement que je pensais abandonner mes études pour aller travailler. Mais c'est vous qui m'avez retenu, vous m'avez pris à part et vous m'avez parlé des vraies choses, vous m'avez aidé à me prendre en mains et j'ai pu terminer mon année. Par la suite je n'ai jamais songé à décrocher, j'ai fait mon collégial et je suis même allé me chercher un bac à l'Université. Maintenant j'ai un emploi intéressant que j'aime. Si j'ai pu réussir tout ça c'est un peu grâce à vous Madame Séguin. À quelques occasions difficiles, j'ai pensé à vous et à ce que vous m'aviez dit un jour. Vous êtes l'un des professeurs qui m'avez marqué le plus. Vous savez, Madame Séguin, je vous dois au moins un petit merci. Ce témoignage type montre bien que pour Marie-Ange, comme aussi pour beaucoup d'autres professeurs d'ailleurs, enseigner ce n'était pas un simple gagne-pain mais une vraie vocation: à travers les objectifs pédagogiques, chaque élève doit atteindre ses objectifs de vie.

Par ailleurs, les propos des anciens collègues de travail de Marie-Ange ne sont pas moins élogieux à son endroit. La plupart nous disent avec admiration: «Notre Marie-Ange, c'était tout un professeur».

Parallèlement à l'enseignement, Madame Séguin a depuis toujours consacré beaucoup de son temps libre à faire du bénévolat au niveau des activités reliées à la liturgie dans chacune des quatre paroisses où elle a résidé. Dès le début de sa carrière d'enseignante, le curé de la paroisse de Saint-Lazare avait demandé d'initier quelques-uns de ses élèves à servir la messe. Par la suite, son implication a progressivement pris plus d'ampleur: elle devient ménagère à temps partiel au presbytère avec sa sœur Laura, puis sacristine, membre de la chorale paroissiale, et enfin, proposée à l'animation liturgique.

Depuis sa retraite de l'enseignement en juin 1984 jusqu'à aujourd'hui, son engagement dans ce domaine s'est maintenu. Elle a même suivi des cours de perfectionnement en pastor$1e qui lui ont permis de renouer avec l'enseignement en devenant officiellement chargée d'animation pastorale à l'école de Sainte- Marthe, de la commission scolaire des Trois-Lacs.

À tout cela, il faut nécessairement ajouter une présence toujours active et dynamique dans les divers organismes paroissiaux, et autres, comme celui de la Croix-Rouge, ainsi qU'1J1.lgerande disponibilité à rendre bénévolement toutes sortes de services aux personnes âgées vivant seules et souvent privées de l'appui familial.

Enfin, ce dévouement qu'elle a déployé auprès de ses élèves et de sa communauté paroissiale, elle l'a manifesté avec autant d'intérêt et d'intensité auprès de sa famille. Même si elle est demeurée toute sa vie célibataire, Madame Séguin a toujours placé très haut les valeurs et les traditions familiales. La maison paternelle qu'elle habite à Sainte-Marthe est depuis toujours un point incontournable de rassemblement pour toute la famille. C'est un lieu d'accueil privilégié pour ses sœurs, ses frères, ses nièces et ses neveux. En compagnie de sa sœur Laura, elle en fait un véritable lieu de ressourcement ouvert aux membres de sa proche famille. Tous peuvent, au besoin, compter sur son écoute active et son appui. Aussi a-t-elle toujours pour chacun, en plus d'une bonne table, un bon mot, des félicitations ou des encouragements.

Voilà donc, peut-être trop brièvement présentée, l'illustration de la qualité de l'implication sociale du récipiendaire du prochain «François», membre de notre Association depuis plusieurs années. Tous les services qu'elle a rendus d'une façon toujours discrète et désintéressée, mais bien effective et efficace, ne sont comptabilisés nulle part, si ce n'est au ciel. Nous n'avons pas voulu la faire attendre jusqu'à ce moment pour lui manifester publiquement notre reconnaissance et notre fierté. L'écrivain français Florian a pu écrire avec beaucoup d'à-propos: « Le mérite se cache, il faut aller le trouver ». C'est effectivement ce qu'on a fait.

Aujourd'hui, Madame Séguin, on vous fait sortir de l'ombre où votre modestie vous a peut-être trop longtemps confinée, en vous remettant cette distinction, un honneur pleinement mérité. Votre vécu reflète d'une façon éminente la devise de l'Association des Séguin d'Amérique: « Force et Générosité ».

Armand Séguin #131, Trois-Rivières. QC
 

Arbre généalogique d’une Séguin

Marie-Ange Séguin

 

Marie-Ange SÉGUIN

 

 

 

Elias SÉGUIN

Lochiel, ON

07-01-1919

Hermina BRUNET

Alphonse SÉGUIN

Ste-Marthe, QC

22-11-1870

Oseline MARIER

Antoine SÉGUIN

Vaudreuil, QC

30-08-1836

Marie LECOMPTE

Francois SÉGUIN

Vaudreuil, QC

07-11-1796

Marie-Ostie VILLENEUVE

François-de-Sales SÉGUIN

Ste-Anne-de-Bellevue, QC

04-02-1760

Angélique QUESNEL

Jean-Baptiste SÉGUIN 

Boucherville, QC

07-06-1710

Geneviève BARBEAU

François SÉGUIN 

Boucherville, QC

31-10-1672

Jeanne PETIT

 

 


 


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